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Interopérabilité des systèmes de santé : commencer par les standards

Dossier patient, laboratoire, pharmacie, reporting national : sans standards communs, chaque nouveau logiciel crée un nouveau silo. Les briques à mettre en place pour que les systèmes de santé se parlent.

Le problème : des données qui ne circulent pas

Dans beaucoup d’établissements, le dossier patient, le laboratoire, la pharmacie et le reporting vers les programmes nationaux reposent sur des outils distincts. Les agents ressaisissent les mêmes informations, les erreurs se multiplient et les indicateurs arrivent en retard.

Ajouter un logiciel de plus ne résout rien si celui-ci ne sait pas échanger avec les autres. L’interopérabilité se décide avant le choix des outils.

Les briques d’une architecture interopérable

L’approche promue notamment par la communauté OpenHIE repose sur quelques registres partagés et une couche d’échange :

Un registre des patients pour retrouver la même personne d’un système à l’autre ; Un registre des structures de santé et un registre des professionnels ; Un service de terminologies (par exemple CIM-10 pour les diagnostics, LOINC pour les examens de laboratoire) ; Une couche d’interopérabilité qui sécurise, trace et route les échanges entre applications.

HL7 FHIR, le langage commun

HL7 FHIR est devenu le standard de référence pour échanger des données de santé via des API web. Il définit des « ressources » (patient, consultation, observation, prescription…) que chaque système sait lire et écrire. Exiger FHIR dans les cahiers des charges évite de dépendre d’un seul éditeur.

Et l’existant ?

Il ne s’agit pas de tout remplacer. Des plateformes comme DHIS2 (agrégation et pilotage des indicateurs) ou OpenMRS (dossier médical) sont largement utilisées en Afrique : l’enjeu est de les connecter proprement, pour que les données saisies au point de soin alimentent automatiquement les tableaux de bord.

La protection des données, dès la conception

Les données de santé sont des données sensibles. Leur traitement impose des mesures de sécurité renforcées (contrôle d’accès, traçabilité, chiffrement, hébergement maîtrisé) et, selon les cas, une autorisation préalable de l’IPDCP au Togo.

Par où commencer ?

Cartographier les systèmes existants et les flux de données réels ; Choisir les standards et terminologies de référence ; Mettre en place un premier échange à forte valeur (par exemple résultats de laboratoire vers le dossier patient) ; Étendre progressivement, en imposant ces standards à chaque nouveau projet.